ABU DHABI ART 2025: Transmissions et traces
À Abu Dhabi Art 2025, Transmissions et traces réunit Bilal Bahir, Faiza Djeffal-Tahraoui et Salim Le Kouaghet, trois artistes dont les pratiques sont ancrées dans la région MENA. À travers trois générations et trois territoires, leurs œuvres interrogent la manière dont la mémoire et l’émotion perdurent et se transforment par le geste et la matière.
La transmission n’est pas ici envisagée comme une continuité ininterrompue, mais à partir de ce qui persiste au-delà des ruptures, des déplacements et des transformations. Dans chacune de ces pratiques, la matière devient dépositaire de mémoire et le point de départ de nouveaux récits.
Né en Irak en 1988 et installé en Belgique, Bilal Bahir puise dans l’enfance, le jeu et la mémoire culturelle de la Mésopotamie. Sur des cartes, des documents et des pages de livres anciens, figures et épisodes oniriques mettent la mémoire personnelle au contact de l’expérience politique. Son travail a reçu le prix Élisabeth Burdot, le prix Découverte du Rouge-Cloître et le prix de la Biennale de la Fondation Lambert Lecrenier. Il figure notamment dans les collections du ministère belge des Affaires étrangères et de la Banque nationale de Belgique.
Faiza Djeffal-Tahraoui, née en Algérie en 1963 et installée à Oran, transforme paysages et souvenirs fragmentaires en « méformes » abstraites. À la croisée de la peinture, du tissage, du collage et des techniques mixtes, elle compose une cartographie émotionnelle nourrie par Oran, son littoral et la lumière méditerranéenne. Son travail a été présenté au Musée d’Art moderne d’Oran, au Musée national Ahmed Zabana et à la Biennale d’art contemporain d’Oran, ainsi qu’en France et en Espagne.
Né en Algérie en 1951 et installé en France, Salim Le Kouaghet inscrit la mémoire et l’exil dans la transformation physique de la toile, par l’étirement, l’agrafage, le clouage et la lacération. Lettres arabes et signes amazighs émergent de la matière autour de la forme récurrente de l’Alif. Son exploration du Wast-Ed-Dar — cœur de la maison traditionnelle algérienne — relie mémoire intime, architecture et sacré. Lauréat du prix des Beaux-Arts et du prix du Salon de Montrouge, il est devenu, en 2025, le premier artiste contemporain à exposer au sein de la Grande Mosquée de Paris. Ses œuvres sont conservées dans d’importantes collections publiques, notamment celles du Centre Pompidou, du Fonds national d’art contemporain, géré par le Centre national des arts plastiques, et du FRAC Île-de-France.
Mises en résonance, ces trois pratiques composent un palimpseste vivant dans lequel documents, paysages, signes et matières assurent la persistance de la mémoire. Loin de préserver le passé comme une archive figée, elles le réactivent au croisement de l’intime et du collectif.
