Les artistes issus de la diaspora algérienne portent en eux une mosaïque de géographies. Leurs œuvres témoignent d’un double ancrage, celui des origines, profondément inscrites dans la mémoire, et celui des terres d’accueil, où se déploie leur pratique au présent. Cette dynamique féconde entre ici et ailleurs, entre appartenance et déplacement, devient matière créative, transformant l’art en un espace de transition, de dialogue et de réinvention.

Réunis au Palais de la Culture dans le cadre du Festival international culturel d’art contemporain, ces artistes partagent une expérience commune : celle d’habiter plusieurs mondes à la fois. Leur démarche ne s’enferme ni dans la nostalgie ni dans l’oubli ; au contraire, elle s’engage à explorer ce qui se crée dans l’entre-deux, des formes nouvelles, des récits pluriels, des langages visuels nourris par les thématiques de la mémoire, de l’exil, de l’attachement, de l’engagement et de la liberté.

À travers leurs œuvres, l’Algérie se fait à la fois trace et horizon, mémoire intime et projection vers l’avenir. Elle s’exprime et se dessine sur différents médiums, dans la vibration d’une couleur, dans l’évocation d’un territoire imaginaire, tout en s’inscrivant au cœur des enjeux contemporains tels que les migrations, les identités mouvantes, les fractures ou encore les espoirs globaux. Dans cet aller-retour constant, la diaspora trouve une identité singulière : devenir la voix d’une Algérie ouverte sur le monde et en écho avec les circulations actuelles.

Cette exposition n’est pas seulement une vitrine pour des talents épars ; elle est une déclaration affirmée : l’art de la diaspora n’est pas périphérique mais au contraire au cœur des grandes dynamiques de la création contemporaine. Elle met en lumière la richesse d’une mémoire collective et la force vive d’expressions qui transcendent les frontières, invitant chacun à franchir ses propres limites.

 

Commisaire d'exposition:  Yasmine Azzi-Kohlhepp